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Culture

Moulins, 11 siècles d’histoire, l’empreinte des Bourbons !

Posté le 19 mai 2016 par Office de Tourisme

week-end culturel en Auvergne

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À quelque 2h30 de Paris, Moulins est une ville bourgeoise où l’empreinte de l’aristocratie et des premiers Bourbons se fait encore sentir. Son architecture repose sur la mesure, l’harmonie, la discrétion heureuse et paisible. Elle fut une ville royale. Elle est restée un lieu chargé d’art et d’histoire.

L’ASCENSION SOCIALE DES BOURBONS

Le Jacquemart, Tour Horloge de Moulins © Luc Olivier / CDT 03

Le Jacquemart, Tour Horloge de Moulins © Luc Olivier/CDT03

Les Bourbons étaient au départ de hauts fonctionnaires régionaux. Au Xe siècle, Aymard, viguier du duc d’Aquitaine, donne sa villa de Souvigny aux moines de Cluny qui fonderont en ce lieu une prieurale, fille aînée de la célèbre abbaye bourguignonne. Cet événement marque le point de départ d’une longue ascension. Son fils Aimon épouse la fille de Guy de Bourbon et devient le premier sire de Bourbon.

En 1202, les sires de Bourbons reçoivent de Philippe-Auguste la seigneurie de Montluçon. En 1206, ils acquièrent celle de Moulins qui obtiendra de ses nouveaux seigneurs une charte de franchise en 1232. Dès lors, la cité sise au bord de la rivière Allier connaît un essor important.

Les Bourbons entrent dans la famille royale en 1276, lorsque le sixième fils de Saint-Louis épouse Béatrix de Bourbon. Leur premier fils reçoit le titre de duc en 1327 et celui de pair en 1328 des mains de son cousin le roi de France Charles IV le Bel, dernier capétien direct dont la succession déclenche la Guerre de Cent Ans.

Cet interminable conflit détruit et ruine la noblesse française. Toutefois, les Bourbons très impliqués assoient leur influence politique. Le bon duc Louis II de Bourbon fait partie du cercle restreint des « Princes Fleurs de Lys », oncles du roi Charles VI. Moulins, capitale de son duché s’enrichit alors des demeures gothiques des officiers ducaux.

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Triptyque du Maître de Moulins, sacristie de la Cathédrale © Luc Olivier/CDT03

En 1474, Louis XI donne sa fille Anne de France en mariage à Pierre de Beaujeu, fils de Charles 1er de Bourbon. Celle-ci était remarquablement intelligente et dotée d’une force de caractère peu commune. Le couple, profondément religieux se fait représenter sur le magnifique triptyque du Maître de Moulins, dans les volets latéraux encadrant une splendide Vierge en Gloire couronnée par des anges. Ce retable, présenté dans la cathédrale a su conserver ses chatoyantes couleurs d’origine.

Pavillon Anne de Beaujeu à Moulins © Luc Olivier / CDT 03

Pavillon Anne de Beaujeu à Moulins © Luc Olivier/CDT03

En 1494-95, pendant la campagne d’Italie conduite par le roi Charles VIII, frère de la Duchesse, le couple ducal gouverne le royaume de France depuis Moulins. Une cour brillante et fastueuse se développe alors à Moulins. Anne fait agrandir le château et édifier le premier pavillon Renaissance en France, achevé en 1503, à la mort de Pierre. Il abrite aujourd’hui le Musée d’art et d’archéologie, Anne de Beaujeu.

Comme ses ancêtres, Pierre II sera inhumé dans la prieurale de Souvigny, berceau spirituel de la famille et nécropole des ducs de Bourbon, située à une douzaine de kilomètres de Moulins.

Le duché connaît alors à son apogée.

LE DÉCLIN FÉODAL DANS UNE FRANCE NOUVELLE

L’avènement de François 1er annonce le déclin du duché de Bourbonnais. Suzanne, fille de Pierre et Anne de Bourbon, meurt sans descendance. L’ambitieuse mère du roi,  Louise de Savoie veut alors faire valoir ses droits sur le Bourbonnais en sa qualité de descendante Bourbon par sa mère. Elle est la nièce de Pierre II. Elle propose le mariage au connétable Charles III de Bourbon, veuf de Suzanne, et proche de François 1er. Le Connétable refuse avec hauteur cet arrangement.

Sans attendre le jugement du procès qui s’en suit, François 1er fait don à sa mère de l’essentiel des possessions Bourbon, dont il laisse l’usufruit au Connétable.

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Quartier historique de Moulins © J-M Teissonnier /Ville de Moulins

Dès lors, ce ne sont que revers et offenses envers le duché. Anne de France conseille à Charles de « prendre alliance » de l’Empereur Charles Quint, dont il est vassal pour sa principauté des Dombes en terre d’Empire. C’est finalement ce qui se passe en septembre 1523 après de longues péripéties. Le Connétable, Charles de Bourbon, sommé de rendre son épée, abandonne la devise « Espérance » des Bourbons pour celle d’ « Omnis spes in ferro », plaçant tout son espoir dans le fer. Il met ses talents de stratège au service des Habsbourg et devient l’un des principaux artisans de la chute militaire de François 1er, à Milan où Bayard perd la vie, et à Pavie où le roi de France perd la liberté.

Le 6 mai 1527, le Connétable meurt en attaquant les murailles de Rome. Il est ensuite condamné pour infamie et le duché du Bourbonnais est attribué en douaire à Louise de Savoie. Si l’on excepte le cas litigieux de la Bretagne, le Bourbonnais est le dernier duché rattaché à la couronne en janvier 1532.

Le connétable de Bourbon eut la malchance de vivre une époque où s’instaurait la centralisation monarchique. Un siècle plus tard, l’exil de la duchesse de Montmorency à Moulins, après la décapitation de son époux qui avait défié le pouvoir royal, en sera un poignant exemple.

En 1587, Moulins, ancienne capitale du duché, devient capitale d’une vaste généralité qui regroupe le Bourbonnais, le Nivernais et la Marche. Deux ans plus tard, avec l’assassinat d’Henri III, dernier des Valois,  la dynastie s’éteint.

Selon la volonté d’Henri III, la couronne de France revient à un prince Bourbon, Henri de Navarre, dont les parents, Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret, s’étaient mariés à Moulins en 1548. Henri IV est sacré roi de France en 1589.

 Il aura fallu cinq siècles pour que cette famille de petits hobereaux accède au pouvoir suprême, à la tête d’un des royaumes les plus puissants au monde !

LA RENAISSANCE DE LA CITÉ DUCALE

Moulins, aujourd’hui Ville d’art et d’histoire se réfère à cette splendeur seigneuriale devenue royale. Un voyage à Moulins permet de mieux cerner cette transition politique.

Au XVIIème siècle, Moulins, capitale de la généralité accueille gouverneurs et intendants qui auront à cœur d’embellir la ville. La tradition catholique héritée des Bourbons attire de nombreuses congrégations religieuses après le Concile de Trente. Elles édifient de vastes monastères au cœur de la ville. Parallèlement, les familles nobles, descendant des officiers ducaux font bâtir de somptueux hôtels particuliers dans la seconde enceinte de la ville. Au cours du 18ème siècle, les deux rives de l’Allier sont définitivement reliées grâce au pont de Louis de Règemortes. La rive gauche peut alors accueillir un vaste et harmonieux quartier de cavalerie, témoin des dernières avancées architecturales de l’époque. Il abrite aujourd’hui le célèbre Centre national du costume de scène.

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Cathédrale de Moulins © JM Teissonnier/Ville de Moulins

Au 19ème siècle, ce territoire féodal devient enfin un diocèse à part entière. L’ancienne collégiale est élevée au rang de cathédrale puis agrandie sous la férule de Monseigneur de Dreux-Brézé, avec l’appui de Napoléon III. L’Empereur passait régulièrement à Moulins en allant prendre les eaux à Vichy. Monseigneur de Dreux-Brézé organisera le retour à Moulins de l’ordre de la Visitation dont on peut admirer aujourd’hui les trésors à travers le Musée éponyme.

Cet évêque, fervent promoteur du style néo-gothique, présente les architectes Jean-Bélisaire et René Moreau à de nombreux commanditaires, touchés par cette réminiscence d’un passé chevaleresque et médiéval, profondément ancré dans la région.

René Moreau construit, à l’emplacement du château en partie détruit, la Maison de Louis Mantin, Celui-ci donne à sa mort cette villa éclectique à la municipalité afin que le public puisse, 100 ans plus tard, se représenter la vie d’un bourgeois de l’époque. Rouverte au public depuis 2010, la Maison Mantin constitue un vivant témoignage de l’architecture et de la vie d’un collectionneur en cette fin de 19ème siècle.

Le Grand Café © Luc Olivier / CDT03

Le Grand Café © Luc Olivier / CDT03

La Belle Époque avec ses boutiques raffinées, ses cafés richement décorés et son hippodrome en plein essor, voit se développer à Moulins une sociabilité animée par les militaires en garnison au Quartier Villars. C’est à cette époque que Gabrielle Chanel rencontre, probablement au Grand Café, Étienne Balsan, riche capitaine, qui donnera à la jeune couturière, la possibilité de devenir la grande Coco Chanel.

Dans les heures sombres de la seconde guerre mondiale, Moulins sera un point névralgique entre zone libre et zone occupée de part et d’autre de la rivière Allier.

Depuis 1997, la cité, labellisée Ville d’art et d’histoire, s’attache à mettre en valeur les témoignages de ces siècles passés et propose aux visiteurs de se laisser conter cette épopée dans le cadre de visites guidées et d’un week-end « 11 siècles d’Histoire ».

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